métalmorphose ancestrale


Né à Leeds en Angleterre, 1929, elle est allée à l’Ecole des Beaux Arts et puis au Royal College of Art, Londres, 1950-1953. Installée en France depuis 52 années. Elle s’est occupée depuis tant d’années à reconstruire les formes de la vie au-delà de la vie même. Nous avons ainsi l’impression que dans le monde qui nous entoure, les formes sont toujours en quête d’une autre et définitive identité.


Or, dans cette approche quasiment tellurique du monde et de la vie, seul le sculpteur semble en mesure de puiser un pouvoir et d’en défléchir un chemin. Lui seul paraît devoir s’interposer et interférer pour enfin donner un ordre au chaos et un symbole au destin.


C’est bien dans cette démarche que l’on peut situer aujourd’hui l’oeuvre de Patricia Rowland, la plus catalane des britanniques. Tout exposition anthologique s’efforce de rassembler les fragments épars de l’oeuvre pour en donner la dimension la plus complète. Et cela est particulièrement important pour une artiste comme Pat Rowland qui pratique depuis tant d’années ce qu’on pourrait appeler une sculpture des métamorphoses.


Issue de cette célébre école de Leeds, si déterminante dans l’histoire de la sculpture contemporaine avec des géants come Henry Moore et Barbara Hepworth, Pat Rowland a su dégager sa propre personnalité et chercher d’autres accents au contact du pays catalan ou d’un sud méditerranéen qui convient parfaitement à son chaleureux tempérament. Par ses lignes de force, ses contractions ou ses élancements, ses pulsions et ses déformations, cette sculpture semble aussi se rattacher à des siècles de tradition pour affirmer la permanence d’un témoingnage de civilisation.


En disant cela, on ne peut éviter la tentation d’aller plus loin et de s’orienter vers le sacré en suivant cette dérive des formes qui tentent de se soustraire au monde de l’éphémère pour accéder à celui de la durée et de l’harmonie, revendiquant par là une part divin.


Même si la statuaire ne procède plus aujourd’hui de l’idéal grec ou d’une représentation strictement religieuse qui fut longtemps la sienne, la quête de l’essence des formes s’appuie, même de façon parfait primitive, qu’ils aient pour nom ou pour emblème la pureté, le primordial ou le mythique.


C’est à partir du corps humain qu’elle donne à ses sculptures. Voici l’homme, debout, arcbouté, allongé, lie, lové, tronqué, vaincu ou triomphant, c’est toujours le corps en mouvement. En investissant l’univers de Pat Rowland, on irait de digression en digression pour revenir finalement à cette dualité souveraine du signe et de la matière qui nourrit l’oeuvre par son authenticité et sa vigueur, en nous ouvrant le monde véhément du refus de la fatalité humaine