L’oeuvre vit du regard qu’on lui porte



Peintre de formation classique, j’ai longtemps exposé au Maroc, m’inscrivant dans la mouvance post-orientaliste qui, toujours vivace dans ce pays, a naturellement imprégné mon imaginaire.

Installé à présent en Roussillon, j’ai enfin retrouvé mes racines catalanes pour renouer avec une riche tradition culturelle qui m’a permis de me ressourcer…

Mon inspiration, bien qu’essentiellement figurative, se laisse parfois entraîner sur les chemins de la suggestion abstraite, laquelle, avec une plus grande liberté de ton et de mouvement, m’invite à parcourir la gamme des possibles picturaux  tout en mobilisant la diversité des ressources graphiques contemporaines, dans une vision qui se veut à la fois sereine et poétique.

Je peins des idées, des vues de l’esprit où la poésie du réel est distanciée, évoquée de façon sous-jacente, dans une expression semi-figurative. Dès lors, loin d’être une évidence anecdotique, le titre donné à l’oeuvre s’affirme comme le principe moteur de sa genèse  et  livre parfois une piste pour sa compréhension immédiate. Mais Il appartient au  public d’appréhender le travail de l’artiste à travers le prisme de son propre imaginaire, riche le plus souvent d’harmoniques aussi subtils qu’insoupçonnés…

Comme le dit si bien Pierre Soulages : “L’oeuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est, ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde.”.